À Mayotte, la fiscalité concerne aussi bien les particuliers que les propriétaires et les professionnels. Selon votre situation, plusieurs prélèvements peuvent s’appliquer au quotidien. Revenus, logement, terrain ou activité professionnelle : chaque cas possède ses propres règles. Voici les principaux impôts à connaître pour mieux anticiper vos obligations fiscales sur l’île.
L’impôt sur le revenu
L’impôt sur le revenu concerne les personnes qui perçoivent des revenus imposables : salaires, pensions, revenus professionnels, revenus fonciers ou encore certains revenus de placements. À Mayotte, les règles générales de l’impôt sur le revenu s’appliquent, avec toutefois certaines particularités propres aux départements d’outre-mer. Pour préparer votre déclaration, il est donc important de tenir compte de votre situation fiscale et de vos revenus réellement perçus au cours de l’année. La déclaration impôt Mayotte 2026 permet notamment de déclarer les revenus concernés et de déterminer l’éventuel montant à payer. Les contribuables domiciliés à Mayotte bénéficient par ailleurs d’un abattement spécifique de 40 % sur l’impôt calculé selon le barème, dans la limite de 4 050 €.
Cette particularité peut alléger la facture fiscale des ménages concernés, mais elle ne signifie pas que tous les habitants sont automatiquement exonérés. Le montant final dépend toujours du niveau de revenus, du nombre de parts fiscales et des éventuelles réductions ou crédits d’impôt. En pratique, mieux vaut conserver vos justificatifs et vérifier attentivement les informations préremplies avant de valider votre déclaration.
La taxe foncière bâtie
La taxe foncière sur les propriétés bâties concerne principalement les propriétaires de maisons, d’appartements, de locaux professionnels et d’autres constructions imposables. Elle est établie chaque année au nom de la personne qui possède le bien au 1er janvier de l’année d’imposition. Son montant dépend notamment de la valeur locative cadastrale du bien et des taux votés par les collectivités locales.
À Mayotte, certaines règles particulières peuvent toutefois réduire ou modifier la charge fiscale dans des situations précises. Pour 2026, un dispositif temporaire prévoit notamment un abattement pouvant atteindre 100 % sur la taxe foncière bâtie pour certaines exploitations éligibles au régime de zone franche d’activité. Cette mesure concerne les impositions dues au titre des années 2026 à 2030.
La taxe foncière non bâtie
La taxe foncière sur les propriétés non bâties concerne les terrains qui ne comportent pas de construction entrant dans le champ de la taxe foncière bâtie. Elle peut notamment toucher certains terrains agricoles, terrains à usage particulier ou parcelles non construites. Comme pour les propriétés bâties, le propriétaire du terrain au 1er janvier est en principe redevable de la taxe pour l’année concernée.
Mayotte possède toutefois des dispositions fiscales particulières liées à la situation foncière du territoire. Certains terrains ayant fait l’objet, dans les périodes prévues par la loi, d’une première attribution d’un titre de propriété peuvent bénéficier d’un abattement spécifique. Pour les propriétés concernées par le dispositif, l’abattement peut atteindre 100 % la première année, puis 70 % la deuxième et 30 % la troisième année.
La taxe d’habitation
La taxe d’habitation a connu une évolution importante ces dernières années. À Mayotte comme dans les autres territoires concernés, elle n’est plus due pour les résidences principales depuis le 1er janvier 2023. Si votre logement constitue votre résidence principale, vous n’avez donc normalement pas à payer cette taxe en 2026.
En revanche, la taxe d’habitation reste applicable à certaines résidences secondaires et à d’autres logements meublés qui ne constituent pas l’habitation principale. Elle peut ainsi concerner un logement dont vous disposez à Mayotte pour vos séjours ponctuels, par exemple. Les locaux vacants peuvent également rester soumis à certaines impositions spécifiques.
La CFE des entreprises
La cotisation foncière des entreprises, appelée CFE, concerne les professionnels exerçant une activité non salariée. Elle fait partie des impôts locaux auxquels les entreprises peuvent être soumises. Son calcul repose notamment sur la valeur locative des biens immobiliers utilisés pour l’activité ou, dans certaines situations, sur une base minimum lorsque les conditions prévues par la réglementation sont réunies.
À Mayotte, les entreprises peuvent bénéficier de règles fiscales particulières destinées à soutenir l’activité économique. Pour les années 2026 à 2030, le dispositif temporaire de zone franche d’activité a notamment été renforcé, avec un abattement pouvant atteindre 100 % de la CFE pour les établissements qui remplissent les conditions prévues.
L’octroi de mer
L’octroi de mer constitue une particularité importante de la fiscalité indirecte à Mayotte. Il concerne notamment les marchandises importées sur le territoire ainsi que certaines productions locales. Contrairement à l’impôt sur le revenu ou à la taxe foncière, il ne s’agit donc pas d’une taxe que chaque particulier règle directement en fonction de ses revenus ou de son logement. Elle intervient principalement dans le cadre des opérations portant sur les biens. Les recettes issues de cette fiscalité indirecte locale participent notamment au financement des collectivités.
Pour les entreprises qui importent ou produisent certains biens, l’octroi de mer peut donc représenter un élément à intégrer dans le calcul des coûts. Son montant varie selon la nature des marchandises et les taux ou tarifs applicables. Une partie de cette fiscalité peut ensuite se retrouver indirectement dans le prix payé par le consommateur.
